Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Par une nuit, en traversant le champ des pierres levées...

Quand Loïc Le Fur décide de rentrer chez lui, il est fort tard. Mais, il est ma fois d'humeur guillerette alors qu'il quitte le village de La Trinité : la journée s'est écoulée de charmante manière, les mariés étaient rayonnants de bonheur, les parents reconnaissants et les invités de bons lurons - il faut que je vous dise que Loïc Le Fur était sonneur de son état et avait été appelé pour mettre "la joyeuse ambiance" tout le long du banquet de noces. Il a joué toute la journée, bu un peu trop d'hydromel et de cidre et quand il a enfin le temps de regagner ses pénates, la lune a depuis bien longtemps pris possession du ciel.
Le chemin de retour lui semble malheureusement trop long, surtout quand il fait plus souvent un pas en arrière et deux pas en avant, du  à l'excès de chouchen ... Notre bonhomme, pour le coup, décide de couper par les terres aux pierres levées pour rejoindre son village.
Après une longue marche hésitante et quelque peu vacillante, il aperçoit enfin, éclairées par la lune, les formes obscures des premiers menhirs, dressant leur masse vers le ciel.
Mais l'angoisse le gagne alors qu'il s'enfonce au coeur des alignements : ils existe tant de légendes qui courent sur ces champs de pierres, au sujet de ces "choses" qui se passeraient la nuit venue.
Il est maintenant au coeur même du royaume mégalithique, et il n'en mène pas large, jette des coups  d'oeil à droite et à gauche, essayant de percer les ténèbres inquiétantes. A présent, quelque peu dégrisé, il s'en veut d'avoir pris ce raccourci.
Et puis soudain,  ils jaillissent ! comme nés des ombres, petits êtres virevoltant, riant à gorge déployée, difformes créatures, hirsutes et grimaçantes, ils environnent de toute part le malheureux sonneur, lui faisant mille misères.
Du coup, l'ivresse s'est évanouie, et après nombre de croche-pieds, le pauvre Loïc, dans un effort désespéré s'échappe du cercle infernal et se met à courir droit devant lui.
Les ornières ne l'arrêtent même pas, c'est sous un concert tonitruant de rires et de cris qu'il disparait, avalé par la nuit.
Loïc Le Fur ne sut jamais si ces créatures, les Bugales an noz (les créatures de la nuit) lui voulaient réellement du mal mais, par la suite, il ne coupa plus jamais par le champ de pierres durant la nuit....



27/02/2008
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