Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Chapitre 9 - retour et réconcilation

      Severus Snape resta deux semaines à l'infirmerie, les maux de tête le torturant sans cesse.

Lena recevait des petites notes de Dumbledore l'informant de l'état de santé du malade. Elle retourna tous les jours danser comme si elle offrait une incantation magique pour sa guérison.

 

Enfin, on annonça que les cours de potions reprendraient le lundi matin.

Lena se rendit de nouveau chez Dumbledore, elle voulait savoir ce qu'elle devait faire : revenir aux cours ou partir s'il refusait de la revoir.

-       J'ai parlé avec Severus, il se sent aussi coupable que vous, il voudrait qu'on ne parle plus de cela. Vous pouvez revenir à ses cours, il ne fera aucune remarque, de votre côté abstenez-vous d'évoquer ce qui s'est passé.

-        Cela va de soi ! et pour les cours particuliers ? je pense qu'il voudra les annuler.

-        Je n'en ai pas parlé, vous verrez bien ce qu'il vous dira.

 

Lena était affreusement angoissée lorsqu'elle rejoignit les élèves ce lundi matin.  Il semblait en être de même pour tous les jeunes gens et jeunes filles qui se demandaient dans quel état serait leur professeur et s'ils allaient encore devoir subir ses sarcasmes.

Lorsqu'il ouvrit la porte de la classe pour les laisser entrer, Lena fut frappée par ses traits tirés, les grands cernes marquant ses yeux d'ombres brunes, son corps amaigri.

-       Prenez votre livre des potions à la page 158 et préparez l'élixir qui y est noté. Sa voix aussi était plus faible, rauque.

 

 

Pendant que les élèves préparaient les ingrédients, Lena faisant toujours équipe avec John Phillips, elle vit  le professeur s'asseoir à son bureau, passant une main sur son front comme s'il souffrait toujours de migraines. Elle le regardait discrètement de temps à autres mais jamais leurs regards ne se croisèrent car il évitait soigneusement de fixer la table où elle se trouvait.

Il ne déambula pas dans la classe en faisant des remarques acerbes.

Quand le cours fut terminé, il demanda qu'on lui apporte les échantillons de l'élixir. Lena s'arrangea pour faire tomber ses affaires et comme elle devait se baisser pour les ramasser, elle chargea John d'aller porter le flacon.

Elle se levait et s'apprêtait à suivre les autres élèves quand elle entendit :

-         Miss Bramble, n'oubliez pas votre cours ce soir à 18h30 - la voix était un peu rauque, assez basse, totalement neutre.

Elle se retourna d'un bloc ; il la regardait, calmement. Elle rougit et bredouilla :

-         Oui, Monsieur, 18h30.

 

Lena était courageuse, mais elle avait l'impression que ses jambes flageolaient quand elle se rendit au bureau de Snape le soir.

Après avoir frappé et entendu l'autorisation d'entrer, elle s'avança dans la pièce, posa ses affaires sur la table.

Il lui tournait le dos, contemplait le parc par la fenêtre.

-         Vous aurez à préparer ce qui est écrit à cette page de votre livre, il s'agit d'un nectar très subtil, j'espère que vous apprécierez.

-         Oui, monsieur dit-elle faiblement.

 

Elle lut attentivement les instructions et commença à peser les ingrédients. Elle fit chauffer le chaudron, versa ses ingrédients.

Elle sentait le regard du professeur qui suivait tous ses gestes mais n'osait pas lever les yeux vers lui. Tout cela la mettait très mal à l'aise et elle, si méticuleuse d'ordinaire, avait des gestes maladroits. Par deux fois, elle renversa des objets ce qui augmenta encore sa nervosité.

Elle se pencha pour voir la couleur que prenait le liquide.

-       Lena ! attention, vos cheveux ! s'écria Snape.

Elle s'était approchée trop près et le bout de sa tresse était en train de brûler. Elle n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit, son professeur avait déjà prononcé « extinctio » ce qui avait stoppé les dégâts, mais une horrible odeur de brûlé subsistait dans la pièce. De nouveau, il prononça « evanesco » et l'odeur si désagréable se dissipa. Lena tapotait sa tresse pour enlever les morceaux calcinés au bout et....

-        Oh non ! ma potion bout ! c'est fichu s'exclama-t-elle.

Elle voulut retirer le chaudron du feu en le prenant à pleines mains.

-        Non ! cria Snape.

Trop tard ! en se brûlant les doigts elle posa le chaudron trop vivement sur la table éclaboussant tout au passage de gouttes de potions brûlantes.

-         Ah non, mais ce n'est pas vrai,  Lena était dans tous ses états.

-        Calmez-vous dit doucement Snape et il vint vers elle. Montrez-moi vos doigts.

Elle étendit gauchement ses mains. Il prononça une formule et la douleur cuisante s'évanouit puis d'un autre coup de baguette il fit disparaître toute la potion qui avait giclé sur la table.

-      Oh, je suis lamentable,  je n'arrive à rien, Lena était complètement bouleversée.

-       Calmez-vous, je vous en prie, dit Snape.

Elle leva les yeux, croisa son regard et de nouveau elle fut frappée par ses traits amaigris. Lena craqua.

-       C'est de ma faute, entièrement de ma faute, elle était au bord des larmes.

-       Qu'est-ce qui est de votre faute ? demanda-t-il à voix basse.

-     Si vous avez été malade ; j'en suis entièrement responsable, c'est horrible ce que j'ai fait !

Il s'approcha d'elle :

-         Vous n'êtes pas entièrement responsable, je vous ai poussé à bout ce soir-là.

-         Mais je n'avais pas le droit de dire cela, elle tendit ses mains vers lui. Je vous demande pardon, Severus, mille fois pardon.

Surpris à l'appellation de son prénom,  il prit ses mains dans les siennes.

-       Vous êtes pardonnée Lena, dit-il doucement.

Elle leva les yeux vers lui, des yeux noyés de larmes.

-     Je croyais que vous ne verseriez jamais une larme à cause de moi, dit-il  d'une voix enrouée.

Les larmes roulaient sur ses joues et elle ne faisait aucun geste pour les essuyer. Severus lâcha les mains de Lena et passa doucement ses doigts sur son visage.

-        Ne pleurez pas pour moi, Lena, je n'en vaux pas la peine.

Lena eut un hoquet et cette fois elle éclata en sanglots incoercibles.

Snape l'entoura de ses bras.

-         Chut, chut... calmez-vous,  on aurait pu croire qu'il parlait à un enfant.

 

Lena arriva enfin à se calmer, il la relâcha. Elle fouilla dans sa poche pour trouver un mouchoir et effacer les traces de ses pleurs.

 

Snape était allé chercher un flacon dans ses étagères et il l'apporta avec deux verres en cristal.

-         Un petit verre de vin des elfes ne nous fera pas de mal à tous les deux.  Il versa le liquide ambré et tendit un verre à Lena,  qu'allons nous fêter ?

-         Notre réconciliation ? demanda-t-elle timidement.

-         Parfait.

Il se mit à boire et Lena l'imita. C'était un vin doux, parfumé, aux saveurs veloutées.

Mise en confiance, Lena osa demander :

-        Lorsque je suis revenue après les vacances vous étiez plus sombre qu'avant. Ce serait-il passé un évènement ?

-         Non, mais lorsque je reste seul, les souvenirs arrivent en masse.

-         Désagréables ?  des souvenirs de votre enfance ?

-      Oui, très pénibles. Mon père a détesté ma mère lorsqu'il a découvert qu'elle était une « sorcière » comme il avait l'habitude de lui cracher ce nom au visage. Et quand il a vu les premières manifestations des mêmes pouvoirs chez moi, il s'est mis aussi à me détester.

-         Quel âge aviez-vous ?

-         5 ans.

Un « Oh » horrifié jaillit des lèvres de Lena. Comment pouvait-on détester un enfant de 5 ans !

-         J'ai grandi ;  plus il me harcelait, et  me battait plus j'avais envie de développer mes pouvoirs magiques, pour protéger ma mère également.

-         Il la frappait ? mais elle pouvait se défendre, je veux dire avec un sortilège.

-       Oui, elle aurait pu, mais ça, elle ne l'a jamais fait, JAMAIS. Elle m'a enseigné tout ce qu'elle savait puis, lorsque la lettre de Poudlard est arrivée annonçant que j'étais choisi, elle a été si  fière. Mon père était très satisfait de se débarrasser de moi.

 

Il s'arrêta, perdu dans ses souvenirs, but une autre gorgée de vin des elfes.

-         Vous avez eu une enfance heureuse, n'est ce pas Lena ?

-         Oui, avoua-t-elle, très !

-         Vous aussi êtes une enfant unique ?

-         Et j'ai aussi perdu mes parents.

-    Un grand choc dans votre vie, vous me l'avez confié. Ils vous manquent beaucoup.

-         Je ne peux plus parler de plantes avec mon père, ses conseils me manquent.

-         Vous lui ressemblez ?

-         Physiquement ? non. Mais nous avions beaucoup de points communs : l'amour de la nature, de la musique -  ils m'ont tous deux encouragé pour que je continue la danse. Pour vous, c'est la perte de votre mère qui a du être terrible ?

-     Très dur à supporter,  je n'ai pas souhaité la mort de mon père, enfin si, quelquefois.

Severus porta la main à sa tempe.

-         Mal de tête de nouveau ?

-         Oui, lancinant dit-il en faisant une grimace.

-     Il faut vous reposer. Je suis restée trop longtemps, je suis désolée -  vous n'auriez pas de l'essence de menthe par hasard ? ajouta-t-elle.

-         Pardon ? De l'essence de menthe ?

-         Oui, excellent en cas de migraines - se masser les tempes doucement, et elle mima le geste. Bon, je vous laisse, à moins que vous n'ayez besoin de quelque chose ?

-         Non, merci Lena, je vais ranger et aller me reposer.

-         Bonne soirée Monsieur,  merci pour tout.

 

« De l'essence de menthe ?» Severus regarda tous ses flacons posés dans les vitrines. Je n'ai pas quelque chose d'aussi simple, rien que des choses compliquées. Bon, je vais aller me coucher et prendre la potion de Mme Pomfresh, ça m'aidera peut-être à dormir. Il ferma son bureau en ensorcelant sa porte et remonta un étage au-dessus où se trouvaient ses appartements.

 

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03/01/2016
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