Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Potions et féérie - chapitre 1

Inspirée par les livres de J.K. Rowling auxquels j'ai emprunté quelques personnages, j'ai voulu créer une fiction portant sur les relations d'empathie entre deux êtres dissemblables, mais... chut, ne dévoilons pas tout - Illustrations de LEYA que je remercie aussi vivement pour ses conseils éclairés -

Elfdancer/Elvi

La fête à Poudlard

 


A/ préparation du bal

 

La grande salle de Poudlard scintillait de mille bougies disposées dans des lustres de cristal accrochés par centaines à la voûte, qui à l'occasion de cette grande fête, avait l'apparence d'un plafond à caissons orné de fresques et de dorures.

Des arrangements floraux débordaient de grandes vasques suspendues un peu partout.

Les tables avaient été retirées et des chaises dorées étaient disposées tout autour de la salle, laissant libre un grand espace au centre. L'estrade des professeurs était drapée de tentures et là aussi, des vasques de fleurs ornaient les piliers d'angles.

 

Dumbledore, le directeur de Poudlard,  avait tenu à déployer ce faste en l'honneur de la délégation de Beauxbatons, l'équivalent français de l'école de sorcellerie. Il se souvenait des remarques sarcastiques faites d'un air dégoûté par les élèves lors de leur dernière visite : « c'est si rustique, ici ! » - ah, ces françaises étaient terriblement difficiles.

 

Cette fois, pour clore les journées d'échanges de travaux sur la magie, un grand bal avait été programmé.

Dumbledore avait fait donner des cours de danse depuis deux mois aux élèves des quatre Maisons. La jeune professeur engagée pour ces cours était, à la grande surprise de tous, une jeune Moldue. Dumbledore était resté très évasif au sujet de leur rencontre quelque part dans Londres.

Elle était chargée de former des élèves des différentes Maisons afin de présenter un spectacle avant l'ouverture du bal. On ne savait pas grand-chose sur la nature de ce spectacle, le secret était bien gardé. Chaque Maison répétait mais les élèves avaient pour consigne de ne pas dévoiler ce qu'ils apprenaient et ils jouaient bien le jeu. Les seules remarques qui circulaient dans les couloirs étaient celles-ci :

-     Elle est sympa la prof Moldue 

-         Ah oui, et patiente. Elle explique calmement, ne se met jamais en colère

-   C'est bien vrai, pas comme certains de nos professeurs
Cette remarque déclencha une série de rires.

 

Visiblement les élèves prenaient plaisir à suivre ces nouveaux cours qui les changeaient radicalement de leurs études habituelles.

Seule, le Professeur McGonagall avait été conviée à donner son avis sur le programme à présenter. Les autres professeurs n'étaient pas au courant et ils découvriraient en même temps que les invités, la surprise préparée par les élèves.

On croisait quelquefois Lena Bramble dans les couloirs mais peu de personnes s'entretenaient avec elle. Elle connaissait tous les professeurs de Poudlard qui lui avaient été présentés et les matières qu'ils enseignaient. Elle entendait également les réflexions des élèves se plaignant des sommes de devoirs à préparer pour l'un ou l'autre d'entre eux ; bien souvent le nom du maître des Potions, Severus Snape était mentionné. On se plaignait de la longueur des parchemins qu'il avait exigés et surtout de son caractère particulièrement ombrageux et de ses fameuses retenues.

Lena semblait toujours affairée, se hâter d'une répétition à une autre. Elle avait une lourde tâche : choix des thèmes, musiques, costumes, préparation des élèves.

 

B/ La salle de répétition

 

"Dancing serves no obvious purpose, it is much a part of human life"

 

Le professeur Snape parcourait, justement, un de ces longs couloirs à pas rapides, le buste penché en avant et sa longue cape noire flottant derrière lui comme les ailes d'une chauve-souris. Au croisement de deux couloirs, il entendit une musique qui s'échappait d'une salle. Severus reconnut une musique irlandaise. Il s'approcha doucement ; la porte était entrebâillée. C'était celle de la salle de répétition de danse que le directeur avait mise à la disposition de Lena. En ce moment, face à un miroir, elle répétait des pas, ses chaussures de claquettes martelant le sol à une cadence très rapide.

Lena avait aperçu dans le miroir la silhouette noire du maître des potions, elle fit un demi-tour sur elle-même en une pirouette rapide et s'écria faisant face à la porte :

-         Entrez Professeur, je vous en prie.

Snape resta interdit, embarrassé d'avoir été surpris, il aurait bien aimé s'échapper mais déjà la jeune fille avait traversé la pièce :

-         Vous vouliez me parler, Monsieur ?

-         Non, en fait j'écoutais cette musique. Des souvenirs, bafouilla Severus qui n'avait pas son ton hautain et dédaigneux habituel.

-         Ah, auriez-vous des origines irlandaises ? demanda poliment Lena.

-         Oui.. ma mère. Eileen

-         Un bien joli prénom irlandais en effet. Mais je vous en prie donnez-vous la peine d'entrer.

Lena alla baisser le ton de son lecteur de CD, un appareil Moldu, bien sûr, car chacun à Poudlard utilisait sa baguette pour obtenir de la musique.

-     Aimez-vous cette musique, et la danse également, professeur Snape ? s'enquit Lena.

-         La danse ? je n'y connais strictement rien dit-il en haussant ses épaules maigres... mais ce que vous faisiez me semblait très précis, très technique.

-         Oh, je m'entraînais à travailler des pas, ce n'était pas à proprement parler une danse. Mais si vous voulez, je compose une chorégraphie pour le bal, je peux vous en danser une partie�. Vous me direz ce que vous en pensez, si ça peut convenir .

-      Je ne pense vraiment pas être un bon juge dans cette matière, répondit Snape ironiquement, la danse ne fait pas partie de mes connaissances... il allait ajouter qu'il ne savait vraiment pas à quoi ça pouvait servir mais Léna l'interrompit.

-         Ce n'est pas ce que je voulais dire, seulement me dire si vous aimez ou pas en tant qu'individu, au vu vos origines irlandaises également.

-         Bien, dans ce cas, dit Snape qui finalement était plutôt intrigué par ce qu'elle allait pouvoir lui montrer.

 

Lena s'empressa de débarrasser une chaise et pria le professeur de s'asseoir. Sur le dossier étaient accroché un gilet et un foulard ; un doux parfum s'en échappait, qu'il respira lorsqu'il s'adossa� un parfum léger, subtil, comme une odeur d'herbes ou de fleurs des champs.

Lena s'était assise à même le sol :

-         Je dois changer de chaussures dit-elle.

Le professeur Snape fut totalement ahuri par le naturel de la jeune fille, lui qui était habitué aux élèves terrorisées dès qu'elles le croisaient.

Lena échangea les lourdes chaussures de claquettes pour des « chaussons » de cuir souple qu'elle laça à la cheville. Elle se remit debout : elle était vêtue d'une courte jupe en corolle sur un collant noir et d'un ti-shirt qui découvrait ses bras. Ceci également était surprenant, les élèves de Poudlard portant principalement leurs uniformes, longues robes de sorciers, qui les couvrait de haut en bas.

Elle alla insérer un nouveau CD dans le lecteur et Severus se demanda un instant pourquoi elle ne se servait pas de sa baguette magique, non, je suis stupide, cette fille n'a pas de pouvoirs.

La musique débuta par une mélodie jouée à l'uilleann pipe, un air prenant, plaintif qui évoquait la terre des ancêtres de sa mère Eileen ; des frissons lui parcoururent tout le corps.

Lena se tenait droite, les bras le long du corps, elle laissa passer quelques mesures puis s'élevant sur l'extrême pointe de ses pieds se mit à tourner lentement sur elle-même, les bras levés au-dessus de la tête.

Ses bras s'agitèrent doucement, comme une paire d'ailes de papillon et le rythme de la musique changea : des violons s'associèrent à la cornemuse irlandaise, le rythme s'accéléra et Lena parcouru la salle en bondissant, légère telle un bulle ; elle suivait le tempo des instruments, s'élevait une jambe tendue devant elle, l'autre repliée, puis retombait à peine pour repartir aussitôt. Ses jambes se croisaient, se décroisaient, haut levées. Cela évoquait  pour le professeur médusé quelque chose de très léger, de très aérien� le vol d'une libellule ?  mais il avait aussi l'impression qu'elle racontait une histoire, son visage tantôt radieux, tantôt concentré, ses attitudes tantôt juvéniles, tantôt plus séductrices lorsque les mains sur les hanches, dressées sur la pointe des pieds elle oscillait sur ses chevilles avec une souplesse étonnante.

 

 

Lorsque la musique cessa, elle s'arrêta, haletante. Il pouvait presque ressentir les battements rapides de son c�ur, aussi accélérés que les siens propres. Pour se donner une contenance, il se leva et reprit sa cape. Il s'attendait à ce qu'elle lui demande quelque chose du genre « alors, vous avez aimé ma danse ? » fière de sa prestation.

Mais à son grand étonnement, elle interrogea presque timidement :

-         Pensez-vous, Monsieur, que je puisse présenter ceci lors du spectacle ? naturellement je dois encore améliorer certains passages.

Il répondit un peu trop rapidement et trop sèchement pour masquer l'émotion qui aurait pu percer dans sa voix :

-         Ce sera très bien, ça plaira beaucoup. Euh, je dois vous quitter, mes élèves vont m'attendre.

Lena, qui n'avait pas été dupe, répondit presque humblement :

-         Bien sûr, excusez-moi de vous avoir retardé et merci d'avoir eu l'obligeance de m'aider.

Grommelant un vague au revoir, Snape s'échappa de la salle de répétition à grandes enjambées.

 

Il dormit très mal cette nuit-là ; des bribes de musique le poursuivirent, des visions d'une jeune fille légère, dynamique dans une danse inconnue comme une énigme à résoudre.

 

 



05/08/2015
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