Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Potions et féérie - chapitre 1 - la fête

Inspirée par les livres de J.K. Rowling auxquels j'ai emprunté quelques personnages, j'ai voulu créer une fiction portant sur les relations d'empathie entre deux êtres dissemblables, mais... chut, ne dévoilons pas tout - Illustrations de LEYA que je remercie aussi vivement pour ses conseils éclairés -

Elfdancer/Elvi

La fête à Poudlard

 


A/ préparation de la fête 

 

La grande salle de Poudlard scintillait de mille bougies disposées dans des lustres de cristal accrochés par centaines à la voûte, qui à l'occasion de cette grande fête, avait l'apparence d'un plafond à caissons orné de fresques et de dorures.

Des arrangements floraux débordaient de grandes vasques suspendues un peu partout.

Les tables avaient été retirées et des chaises dorées étaient disposées tout autour de la salle, laissant libre un grand espace au centre. L'estrade des professeurs était drapée de tentures et là aussi, des vasques de fleurs ornaient les piliers d'angles.

 

Dumbledore, le directeur de Poudlard,  avait tenu à déployer ce faste en l'honneur de la délégation de Beauxbatons, l'équivalent français de l'école de sorcellerie. Il se souvenait des remarques sarcastiques faites d'un air dégoûté par les élèves lors de leur dernière visite : « c'est si rustique, ici ! » - ah, ces françaises étaient terriblement difficiles.

 

Cette fois, pour clore les journées d'échanges de travaux sur la magie, un grand bal avait été programmé.

Dumbledore avait fait donner des cours de danse depuis deux mois aux élèves des quatre Maisons. La jeune professeur engagée pour ces cours était, à la grande surprise de tous, une jeune Moldue. Dumbledore était resté très évasif au sujet de leur rencontre quelque part dans Londres.

Elle était chargée de former des élèves des différentes Maisons afin de présenter un spectacle avant l'ouverture du bal. On ne savait pas grand-chose sur la nature de ce spectacle, le secret était bien gardé. Chaque Maison répétait mais les élèves avaient pour consigne de ne pas dévoiler ce qu'ils apprenaient et ils jouaient bien le jeu. 

 

 

 

 

 

********************

 

 

 

La jeune fille courait dans les couloirs interminables du château en maugréant : « Ah ce fichu dédale, je me suis encore égarée ! Où peut donc bien être la salle de répétitions, je vais arriver en retard et je déteste ça. Les élèves vont encore se moquer de moi parce que je n’arrive pas à me repérer dans Poudlard.

 

Au détour d’un corridor, elle heurta de plein fouet un homme, grand, tout de noir vêtu qui la saisit, un peu brutalement.

 

-                     Mais où courrez-vous ainsi et, d’abord, qui êtes-vous ! s’exclama-t-il.

 

-                     Je vous prie de m’excuser, Professeur,  mais je suis de nouveau perdue. Je cherche la salle de répétitions que l’on m’a attribuée.

 

La jeune fille avait reconnu le maître des potions, le professeur Snape.

 

-                     La salle de répétitions… Ah vous êtes donc celle qui va enseigner les danses pour la fête avec la délégation de Beauxbatons. Le professeur la regardait d’un air suspicieux ; pourquoi,  par Merlin, le professeur Dumblemore avait-il engagé une Moldue pour venir enseigner aux élèves.

 

-                     Je vais vous indiquer comment vous rendre dans votre salle.

 

-                     Je vous remercie infiniment, je n’arrive pas à me retrouver, tous les couloirs semblent se ressembler dans ce château.

 

-                     Pourquoi ne demandez-vous pas à un élève de venir vous chercher dans votre chambre et vous conduire afin que vous ne vous perdiez plus ?

 

-                     Oh, quelle bonne idée ! J’avoue que je n’y avais pas pensé.

 

Le professeur Snape haussa les épaules – « penser, voilà quelque chose qu’on ne doit pas attendre d’une Moldue, enseignant la  danse ! Quel genre de danses d’ailleurs peut-elle bien leur apprendre ? J’espère que ce ne sera pas ce genre de trémoussement lascif (Snape émit une sorte de reniflement) quoique (il la toisa de bas en haut) vu sa silhouette je la vois mal se déhancher voluptueusement »  (nouveau petit reniflement dédaigneux). Voyant que la jeune fille semblait attendre qu’il lui indique une direction à suivre, il se reprit :

 

-                     Suivez-moi ! intima-t-il je vais vous mettre sur la bonne voie.

 

La jeune fille dut marcher vite pour rester à sa hauteur, car il avançait à grandes enjambées. Après maints changements de direction, ils arrivèrent, enfin, devant la porte d’une grande salle où se trouvaient réunis de nombreux élèves qui, manifestement, l’attendaient.

 

-                     Je vous remercie vivement, professeur, désolée de vous avoir dérangé. Au fait, je me présente, je me nomme Lena Bramble.

 

Snape émit une sorte de grognement en réponse, puis il tourna les talons et disparut dans une envolée de cape noire.

 

 

 

Un peu interloquée, Lena pénétra dans la salle : elle s’excusa auprès des élèves de son retard et en profita pour demander (comme l’avait suggéré le maître des potions) si quelqu’un pouvait venir la chercher et la conduire pour les répétitions, car elle n’arrivait pas à se retrouver dans le dédale du château.

 

 

 

*****************

 

Visiblement les élèves prenaient plaisir à suivre ces nouveaux cours qui les changeaient radicalement de leurs études habituelles.

Seule, la Professeure McGonagall avait été conviée à donner son avis sur le programme à présenter. Les autres professeurs n’étaient pas au courant et ils découvriraient en même temps que les invités, la surprise préparée par les élèves.

On croisait quelquefois Lena Bramble dans les couloirs mais peu de personnes s’entretenaient avec elle. Elle connaissait tous les professeurs de Poudlard qui lui avaient été présentés et les matières qu’ils enseignaient. Elle entendait également les réflexions des élèves se plaignant des sommes de devoirs à préparer pour l’un ou l’autre d’entre eux ; bien souvent le nom du maître des Potions, Severus Snape était mentionné. On se plaignait de la longueur des parchemins qu’il avait exigée et surtout de son caractère ombrageux et de ses fameuses retenues.  Lorsqu’elle l’avait, malencontreusement, heurté dans un des corridors, elle avait pu se faire une idée du personnage…

 


 

B/ La fête 

 

"Dancing serves no obvious purpose, it is much a part of human life"

 

 

Dans la grande salle, maintenant les élèves s’étaient regroupés ; les professeurs et les invités étaient assis dans des fauteuils sur la grande estrade. Le directeur se leva, splendide dans sa robe rebrodée d’étoiles et de comètes argentées. Il déclara que cette fête était donnée en l’honneur de leurs invités, les élèves et professeurs de Beauxbatons. Il fit un signe de la main et soudain la salle se transforma et redevint celle d’un château fort moyenâgeux, avec des tapisseries ornant les murs et des candélabres à la place des lustres en cristal … tout cela par magie naturellement.

 

Les musiciens étaient apparus dans le fond : les hommes habillés de pourpoints brodés et les femmes de robes de velours. Les instruments étaient anciens : chalémies, sacqueboute, rebec et percussions (tambour et tambourin).

 

Un groupe d’élèves s’avança au milieu de la salle ; ils se tenaient en couple, avançaient en file, sur une musique lente. Les garçons étaient vêtus de pourpoints courts aux manches assez amples sur des sortes de collants dont les jambes étaient de couleurs différentes. Sur la tête un petit chapeau de feutre. Leur compagne portait une robe de velours, ouverte en « V » sur le devant, qu’elle retroussait légèrement de la main, faisant admirer une sous-robe de brocart. La robe était longue, se terminant en traîne à l’arrière.

 

Ils se placèrent au centre et, lorsque la musique changea de tonalité, se saluèrent et entamèrent une danse à figures, aux gestes lents et harmonieux.

 

Lorsque la danse fut terminée, la lumière diminua jusqu’à plonger la salle un moment dans l’obscurité, puis les illuminations réapparurent mais le décor avait changé. Cela ressemblait plus à un décor de style « Queen Anne »[1]. Des cris d’admiration s’élevèrent devant la splendeur des costumes : les garçons en pourpoints brochés  et culottes s’arrêtant au genou sur des bas de soie, le tout dans des tons chauds mordorés, les jeunes filles revêtues de somptueuses robes de brocart aux couleurs des quatre Maisons.

 

Les garçons tendirent leurs bras sur lesquels les filles posèrent leurs mains ; les couples ainsi formés les uns derrière les autres entamèrent une pavane, lente, solennelle. Arrivés au bout de la salle, les couples se firent face et la musique devint plus alerte, plus sautillante. Les garçons entamèrent une gaillarde, déployant toute leur adresse pour enchaîner des pas rapides et sautés. Les jeunes filles exécutaient ces même pas mais au ras du sol, leurs longues robes ne leur permettant pas une danse aussi enlevée.

 

 

 

Les spectateurs s’attendaient à ce que les siècles défilent les uns après les autres avec chacun leur style de musique mais la lumière déclina jusqu’à plonger la salle entièrement dans l’obscurité et soudain une sorte de roulement se fit entendre, comme le grondement du tonnerre et le décor de la salle changea brusquement pour baigner dans une lumière or et vert, des entrelacs celtiques s’imprimèrent sur les murs et le plafond.

 

Les musiciens renaissance avaient disparu laissant place à un groupe celtique : violons, uilleann pipe, flûtes en bois et harpe celtique.

 

Les élèves apparurent, vêtus exclusivement de vert. Ils se placèrent en un grand cercle, se tenant par les mains levées à hauteur d’épaules. La musique joua une mélodie de « hornpipe » et lorsqu’ils commencèrent à évoluer, toute l’audience fut stupéfiée car ils évoluaient sur le cercle, avançant, reculant, tournant … On avait l’impression de suivre la danse mystérieuse d’un groupe d’elfes dans une clairière impénétrable.

 

La musique s’accéléra, le cercle s’ouvrit et Lena apparut au milieu d’eux vêtue d’une courte robe de velours vert rebrodée d’entrelacs celtiques, la jupe s’élargissant en corolle sur ses jambes gainées de noir. Ses cheveux tombaient librement en boucles sur ses épaules, un diadème argenté les retenait. Elle s’élança rapide, souple, occupant tout l’espace qui lui était offert. On avait l’impression qu’elle volait au-dessus du sol, car à peine ses pieds se posaient-ils que déjà un autre bond l’avait emportée.

 

Ensuite, elle cisela des petits pas très rapides, droite, les bras le long du corps, et des tours sur l’extrême pointe de ses pieds, ce qui la grandissait, et après un balancement sur les chevilles, elle resta quelques secondes mains aux hanches, cambrée, la tête fièrement levée avant de s’élancer de nouveau bondissante comme une gazelle.

 

Lorsque la musique cessa, un silence se fit avant que les applaudissements ne fusent comme si les spectateurs avaient eu besoin de sortir d’un rêve.

 

 

 

Lena donna la main aux élèves et ils  s’inclinèrent devant l’estrade des professeurs et des invités.

 

La jeune fille fut chaleureusement félicitée pour sa splendide prestation mais aussi pour tout le travail accompli avec les élèves.

 

 

 

Dans le carré des professeurs, les invités se répandirent en éloge sur ce spectacle grandiose.

 

-                     Cette jeune fille est exceptionnelle, dit Mme Amaryllis DuBellière, la directrice de BeauxBatons et quelle bonne idée d’avoir projeté ces images de châteaux irlandais alors qu’elle dansait. 

 

La professeure McGonagall qui l’écoutait répliqua :

 

-                     Non, pas des châteaux, c’étaient des croix celtiques, des pierres levées, des ruines…

 

Mais pour le professeur Sinistra, il s’agissait de visions toute autre si bien qu’à la grande surprise de Dumbledore, on découvrit que chacun avait eu une vue différente du décor pendant que Lena dansait. Si on avait interrogé  le professeur Snape, il aurait dit qu’il avait vu sa mère, Eileen, jeune fille riant dans des champs de fleurs.

 

Dumbledore était perplexe, car ce n’était pas lui, comme le supposaient les autres, qui avait décidé d’imprimer ces  images par magie et il se demandait si Lena à travers sa danse n’avait pas elle-même été à l’origine de ces visions féeriques.

 

-                     Hum, hum… se dit-il en caressant sa longue barbe, une jeune fille bien étrange !

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Style Renaissance

 

 

 

 

 

 

 

 

 



05/08/2015
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