Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Chapitre 2 (bis) Bal et entretien privé

B/ Conversation privée

       Le bal se poursuivait, les danses se succédant les unes après les autres : valses, polkas, quadrilles mais aussi des danses beaucoup plus modernes.

Le professeur Dumbledore invita Lena pour une valse ; elle avait troqué sa tenue de danse pour une robe longue en velours ambré, rebrodée à l'encolure de motifs celtiques. Le couple formé par le vieux professeur et la jeune fille avait quelque chose d'émouvant et, chose surprenante, ils étaient parfaitement synchronisés, on ne savait pas si c'était dû à la magie du directeur ou au talent de danseuse de Lena.

Elle fut constamment sollicitée pour danser, chacun tenant à bénéficier de la meilleure danseuse de la soirée.

Le professeur Snape qui avait toujours affirmé haut et fort qu'il n'appréciait pas ce genre de divertissements avait été chargé de surveiller la tenue des élèves, rôle qui lui convenait parfaitement !

Minerva McGonagall, le voyant prêt à sortir de la grande salle pour un tour d'inspection des couloirs lui demanda s'il avait vu Lena qui était absente depuis un moment et que les danseurs réclamaient.

-    Je vais voir si elle ne se trouve pas par là et si je la découvre, je lui dirai de venir vous rejoindre.

Et si je la surprend en train de se bécoter avec un élève, elle aura affaire à moi ! pensa-t-il avec un petit sourire sardonique.

Il arpentait souvent, lors de ces soirées, les immenses couloirs avoisinant la grande salle pour déloger les amoureux qui s'embrassaient à l'écart.

Cette fois il semblait que tout le monde n'avait qu'une idée, danser car aucun élève n'était visible mais il trouva Lena assise, penchée en avant, une chaussure défaite. Il s'approcha doucement et elle sursauta quant il l'apostropha :

-         Et bien, que faites-vous là ? le professeur McGonagall vous cherche partout, dit-il d'un ton sec.

Mais en baissant les yeux il se rendit compte que le pied déchaussé de Lena saignait et qu'elle avait l'air de souffrir.

-         Que vous arrive-t-il ?

-         Des chaussures neuves et voilà le résultat, dit-elle piteusement.

-    Ah ces filles et leur éternelle coquetterie. Vous ne pouviez pas choisir des chaussures plus confortables, non ? dit-il d'un ton mordant.

Lena, à cette remarque injuste, car il oubliait qu'elle avait dû assurer sa prestation et ensuite danser avec des tas d'élèves, répondit sèchement

-      Ce ne sont pas vos remontrances qui vont m'aider, vous n'auriez pas plutôt un couteau ?

-         Un couteau ! Par Merlin, que voulez-vous faire ?

-    Couper un bout de mon jupon pour bander ce pied, je voudrais arrêter ce saignement ça va tacher toute ma chaussure.

Elle avait en effet un bout de sa robe relevé et tenait le volant de son jupon blanc.

-         Laissez donc ce bout de tissu ! dit-il, agacé,  il mit la main dans la large poche de sa robe de sorcier pour en retirer sa baguette magique. Il la pointa vers le pied de Lena, qui eut un sursaut d'inquiétude, et prononça :

-         Episkey !

Miraculeusement le sang cessa de couler.

-         Oh génial ! euh ... vous n'auriez pas aussi un sortilège contre la douleur par hasard ?

Il est vrai que le pied de Lena était toujours très rouge et gonflé, la peau arrachée sur le côté.

-         Non, je n'ai rien de ce genre là.

-         Tant pis.

Lena renfila son escarpin en grimaçant et se leva. Elle fit quelques pas en boitillant.

-         Vous avez l'intention de danser dans cet état ? dit Snape ironiquement

-         Je ne crois pas que j'ai le choix ; on ne me laissera jamais me reposer, ils s'en fichent si j'ai mal au pied et après tout je suis payée pour ça, non ? dit Lena d'un ton un peu amer.

-         On vous laissera tranquille si vous êtes avez moi, soyez en sûre, affirma-t-il.

Lena ouvrit tout grand ses yeux

-         Ce qui veut dire ?

-         Venez-vous asseoir à une table avec moi et vous verrez que plus aucun élève ne viendra vous déranger, ajouta-t-il avec un sourire sardonique.

Lena fit une grimace ; à l'idée de passer du temps en tête à tête avec le maître des potions, qui ne semblait pas dans un de ses bons jours (mais y en avaient-ils d'ailleurs ?) elle ne semblait pas enchantée.

-     Bien sûr, si vous préférez souffrir, c'est votre choix, je vous vois d'ici boitiller toute la soirée ... (à l'entendre, on avait l'impression qu'il s'en réjouissait à l'avance)

Son ton narquois déplut fort à Lena. Mais il est vrai qu'elle n'avait pas vraiment d'autre choix.

-         Entre deux maux autant choisir le moindre, dit-elle ironique à son tour.

Snape haussa un sourcil et le coin de sa lèvre se retroussa sur ce qu'on aurait pu prendre pour une sorte de demi-sourire.

-         Bien, alors allons-y.

Lena lui emboîta le pas, essayant de ne pas trop clopiner et Snape, en lui jetant un coup d'�il,  nota qu'elle serrait les dents pour masquer une grimace de douleur.

Comme l'avait promis le professeur, ils s'assirent à une des ces petites tables qui étaient apparues au début du bal sur le pourtour de la salle.

Lena ne se sentait pas très à l'aise car le maître des potions était quand même très intimidant et elle venait d'avoir un aperçu de son caractère difficile.

Elle pensa qu'il était de son devoir de le remercier pour son aide.

-         Je vous remercie Monsieur, je ne pensais pas que vous apporteriez votre aide à une ... Moldue.

-     Malgré tous mes défauts, je n'ai pas ce genre de préjugés�. Au fait, voulez-vous boire quelque chose ?

-       Euh, oui, volontiers.

-    Que désirez-vous ? du jus de citrouille ? Devant l'air horrifié de Lena - ah oui, c'est vrai on ne boit pas ce genre de chose chez vous j'imagine. Au fait que buvez-vous ?

-        Du thé ! le plus souvent.

-    Bonne idée ; il fit un geste de sa baguette et un plateau chargé d'une théière fumante, de tasses et d'une assiette de petits gâteaux se posa sur la table.

-         J'aimerais bien être aussi douée, dit rêveusement Lena

 

En sirotant leur thé, Snape commença à interroger Lena sur sa vie chez les Moldus.

D'abord un peu crispée, elle se détendit devant l'intérêt réel manifesté par son interlocuteur et elle se laissa aller à raconter sa vie : ses études, l'amour de la danse qui lui était venue très jeune et que ses parents avaient encouragé.

-         Vos parents, que font-ils ? s'enquit le professeur Snape.

Un voile de tristesse marqua le visage de Lena 

-         Hélas, décédés tous les deux récemment dans un accident de voiture.

-         Oh, je suis sincèrement désolé.

Il ne savait plus quoi ajouter mais pour essayer d'atténuer sa tristesse il changea de sujet.

-      Le professeur Dumbledore, comment avez-vous fait sa connaissance, ou bien ajouta-t-il en se penchant vers elle, est-ce un secret ?

-       Non, répondit Lena, ce n'est pas a proprement parler un secret, c'est juste que c'est un peu  étrange.

-         Etrange ? comment ?

-        Tout d'abord vous devez savoir que je dois la vie au professeur Dumbledore

-         Rien que ça ! dit Snape en haussant les sourcils

-         Oui, car il m'a sauvée ...de la mort.

-     Comment !  vous avez aussi failli mourir dans le même accident ?

-   Non pas du tout. Plus exactement, il m'a sauvée... .du suicide, dit très faiblement Lena.

-       Quoi ! pas vous ! non, c'est impossible, vous semblez toujours tellement pleine de vie ! s'écria Severus interloqué.

-    C'était après la disparition de mes parents ; un énorme choc, je me suis retrouvée seule, de gros soucis financiers aussi. Enfin, j'ai décidé d'en finir une bonne fois pour toute, elle s'arrêta.

-     De quelle manière...?  demanda Severus d'une voix extrêmement douce qui semblait étrange venant de cet homme si froid.

-      J'étais sur le parapet d'un pont et voulais me jeter dans la Tamise,  il faisait très froid, je n'avais guère de chance d'échapper à la mort, quand apparut un très vieux monsieur qui m'a pris la main et m'a dit doucement  :     "  Ne faites pas ça mon enfant "-   Il me scrutait de ses yeux bleus et me parlait d'une voix étrangement calme  - " Venez avec moi, ne restez pas là".

-         Je l'ai suivi, subjuguée. Il m'a emmenée dans un pub voisin m'a fait boire une boisson chaude, il m'a interrogée et  j'ai tout raconté. Elle leva ses grands yeux vers le maître des potions.

-         Je sais, dit-il pensivement en passant son index le long de sa lèvre, on ne résiste pas au regard de Dumbledore.

-        Tout d'abord,  il m'a logée chez un couple de personnes sans enfants, afin que je ne reste pas seule.

-         Des Moldus ?

-         Non, des personnes comme... vous.

-         Des sorciers ? vous pouvez utiliser ce terme, ce n'est pas péjoratif.

-     Oui, des sorciers. Ils ont pris soin de moi comme si je faisais partie de leur famille. J'ai une énorme dette envers eux. Ce sont eux qui ont proposé à Dumbledore que je m'occupe des élèves ici à Poudlard ; un jour qu'il passait chez eux, il a évoqué la venue de la délégation de BeauxBatons. Il semblait perplexe pour organiser quelque chose de vraiment spécial.

Un élève de cinquième année sans doute, un plus hardi que les autres s'approchait de leur table, le professeur Snape l'interpella  d'un ton sec.

-         Que voulez-vous ?

-         Euh... j'aurais aimé inviter Miss Lena à danser

-       Et alors, vous ne voyez pas qu'elle est occupée ou dois-je afficher un immense écriteau pour ne pas être dérangé ? filez d'ici, dit-il de son ton le plus mordant.

L'élève  bredouilla une excuse et se retira rapidement.

-        Manque pas de culot celui-là ! grommela-t-il, venir vous chercher jusqu'à ma table. Oh mais je me souviendrai de lui, on verra ça au prochain cours !

Lena avait une furieuse envie de rire.

-         Une petite retenue peut-être ? hasarda-t-elle avec un petit sourire.

Severus la regarda d'un air furibond, mais le regard de la jeune fille pétillait de malice et sa fureur retomba.

-         C'est ça, moquez-vous de moi ! Et comment faites-vous respecter la discipline pendant vos cours dites-moi ?J'imagine que vous avez dû avoir affaire à des chenapans qui refusaient catégoriquement d'apprendre le moindre pas de danse, non ?

-         Ah oui, bien sûr ! ceux-là sont restés à regarder les autres et, soit ils se sont entêtés jusqu'à au bout, mais je respecte leur choix, soit ils ont changé d'avis. J'aime mieux convaincre que forcer les gens à faire quelque chose, c'est ma nature.

Elle levait vers lui ses yeux mordorés dans lesquels les lumières des bougies faisaient scintiller des paillettes d'or. Severus soutint son regard de ses prunelles très sombres.

-         Convaincre, dit-il tout bas, vous savez vous montrer très persuasive.

Lena baissa la tête et rosit.

Ils restèrent sans parler pendant un petit moment puis Lena dit d'un ton qui se voulait détaché :

-         Enfin ma tâche est terminée maintenant.

-         Vous avez hâte de quitter Poudlard et retourner chez les Moldus, je suppose.

-         Hâte ? non, j'ai passé ici des mois très agréables, très enrichissants, et tout ce qui s'y passe est passionnant. Les élèves me parlaient très souvent de leurs cours.

-         En maudissant leur professeur de potions naturellement.

-         Oui, quelquefois, dit-elle en souriant. Pourtant ce doit être captivant d'apprendre à préparer des potions !!

Severus la regarda en haussant les sourcils, étonné.

-         Vous êtes bien la seule à trouver ça intéressant ! Vous le pensez vraiment ?

-         Oh oui ! voyez-vous mon père était herboriste, il préparait des remèdes à base de simples, d'herbes diverses.

-         Comment ? votre père soignait avec des plantes ?

-       Oui, il connaissait les vertus des simples. Il savait leurs dangers mais aussi leurs pouvoirs de guérison. Les tiroirs de sa boutique étaient pleins de ces plantes séchées. J'aimais toute petite, les ouvrir et respirer les odeurs ; certaines agréables ou au contraire franchement répugnantes. Mon père me grondait « Lena laisse ces tiroirs fermés et ne respire pas toutes ces plantes, certaines peuvent te faire du mal ».

-         Votre père en faisait aussi des potions ?

-         Non. Il vendait des sachets de plantes pour chaque personne qui se plaignait de tel ou tel problème. Il choisissait les remèdes adéquats, pesait minutieusement les plantes pour en faire un savant mélange et recommandait à la personne la manière de les utiliser, soit en tisane, soit en décoction, soit en fumigation ou en cataplasme.

-         Et les gens étaient guéris ? s'informa Snape

-    Ma foi, ils n'étaient sûrement pas mécontents, car ils revenaient souvent en acheter.

  Severus aurait bien aimé interroger plus longuement Lena sur l'activité de son père mais minuit était déjà passée depuis longtemps et le directeur de Poudlard décréta qu'il était temps que les élèves aillent prendre du repos.

Lena se leva et récupéra sous la table sa chaussure qu'elle avait enlevée pour moins souffrir. Ceci n'échappa pas au regard perspicace du professeur Snape qui, avec un petit ricanement ironique, dit « ah les fameuses chaussures neuves ! »

Lena le regarda et pensa qu'il était franchement déconcertant : tantôt très avenant et attentif, tantôt franchement désagréable. Elle se demandait si elle avait bien fait finalement de dévoiler autant de sa vie privée.

Mais bon, après tout elle allait quitter Poudlard pour .... pour faire quoi d'ailleurs ? elle se le demandait.

D'autres professeurs arrivèrent et les rejoignirent. Ils lui posèrent de nombreuses questions sur l'organisation du spectacle et la félicitèrent. Lorsqu'elle se retourna pour prendre congé du professeur Snape et le remercier, il n'était plus là, il avait disparu.

 



03/01/2016
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