Sortilèges et enchantement

Sortilèges et enchantement

Chapitre 12 (B) : "petite fée"

Snape interrompit ses pensées :

-   Lena, je dois vous demander quelque chose. Pour parler franchement, c'est Dumbledore qui me l'a suggéré ; voyez-vous nous sommes tous les deux perplexes au sujet de vos dons.

-     J'ai des dons, moi ? dit Lena surprise, des dons de quoi ?

-     Si je vous les énumère, vous allez penser que je vais vous faire des compliments

-      Vous, des compliments, ça m'étonnerait ! dit-elle d'un ton narquois

-      LENA ! bon d'accord, vous avez raison. Mais je vous parle d'un sujet sérieux.

-       Pardonnez-moi, mais en quoi ces fameux « dons » vous intéressent-ils ainsi que le directeur de l'école. Je ne suis pas une sorcière, que je sache !

-      Je n'ai jamais prétendu cela. Mais il n'y a pas que les sorcières à posséder des pouvoirs.

Lena fit un effort de compréhension :

-      Franchement, je ne vois pas ce à quoi vous faites allusion

-      Qu'importe. Ce que voulait savoir Dumbledore c'est qui dans votre famille vous a transmis, on va dire votre savoir, si vous ne voulez pas que j'utilise le terme « don »

-      Quel savoir ? ma connaissance des plantes ? c'est mon père

-      Et avant votre père ?

-  Ma grand-mère paternelle, Elvina, elle savait aussi soigner avec des préparations à base de plantes. Ah, je crois qu'elle avait un talent de guérisseuse : elle faisait disparaître les verrues, soignait les brûlures et les maux de tête en imposant les mains.

-      Elle vous a transmis son savoir ?

-     Plus ou moins ; ce n'était pas une femme facile, je devais lui obéir, un point c'est tout. Mais à sa mort j'ai reçu ses cahiers pleins de recettes.... de cuisine - devant l'air agacé de Severus - désolée, mais c'est comme ça, et quelques remèdes à base de plantes, mais des choses très basiques, rien de bien mystérieux.

-        Et vous savez également soigner les brûlures et les migraines ?

-      Jamais essayé -  et je ne sais pas ce qu'elle disait, car il parait qu'il faut réciter une formule, mais je ne la connais pas.

-       Pour les migraines, je crois que vous êtes très qualifiée, si j'ai bon souvenir.

Léna devint écarlate à ce souvenir.

-         Ce n'est pas difficile, en fait, il faut juste vouloir aider la personne

-         C'est justement "ça" un de vos dons Lena !

-         Ah ? mais c'est donné à tout le monde.

-      Croyez-vous ? si c'était le cas, je ne souffrirais plus de mes crises depuis longtemps

-    Vous n'avez pas demandé  à vos jeunes élèves de venir poser leurs mains sur votre front afin de savoir si elles étaient capables de passer vos migraines, je suppose, dit-elle d'un ton malicieux.

Snape eut l'air horrifié :

-         Il manquerait plus que ça et quelle réputation aurais-je ensuite ? imaginez les jeunes filles gloussant ensuite à mon sujet ?

-         Pardonnez-moi, je vous taquinais  (Lena sut quel souvenir elle avait ravivé) un peu comme faisait la dame de vos pensées ?

-        Vous lisez dans mon esprit maintenant ! s'écria-t-il indigné.

-        Non, pas du tout. C'était plutôt écrit sur votre visage, le changement d'expression.

-         Je n'ai pourtant pas un visage expressif, dit-il presque boudeur.              

-         Peut-être pas pour les autres, mais pour moi, si.

-         Oh, je vais devoir me méfier de vous à l'avenir, vous et votre don d'empathie...

-         Vous n'avez rien à  craindre de moi. Je ne suis pas le genre à aller dévoiler les secrets à tout le monde ; Le professeur Dumbledore m'a fait confiance, lui !

-         Je vous crois. D'ailleurs, je ne vous vois jamais papoter avec les jeunes filles

-         Je suis beaucoup plus âgée qu'elles

-         Comment ça beaucoup plus âgée ? tout au plus 4 ou 5 ans ?

-         Oui, mais cela fait toute la différence.

-   Je crois plutôt que c'est VOUS qui êtes différente. Et pour revenir à mes questions, je cherche toujours les particularités de votre famille, de vos ascendants. Votre grand-mère m'avez-vous dit, et d'autres personnes avaient une réputation de guérisseuse ?

-    Pas que je sache. Ce n'est pas le genre de chose qu'on affiche sur un arbre généalogique vous savez, ce sont plutôt des sujets qui sont passés sous silence. Je sais pour ma grand-mère parce que je l'ai vécu.

-         Et votre père avait hérité de sa mère le même talent ?

-         Mon père a étudié la science des plantes, l'herboristerie. Il avait des tonnes de livres.. tiens, un peu comme vous, dit-elle en désignant du doigt les nombreuses étagères, ensuite il mettait en pratique ses connaissances. Le seul « don » que je lui connaisse était celui de la musique. Il jouait très bien du violon.

-         Ah ? et vous aussi ?

-         Non, je joue de la harpe.

-      Quoi ! et c'est maintenant que vous le dites ? vous n'avez jamais joué pour nous !

-      Je ne peux pas danser et jouer en même temps dit Lena les yeux rieurs.

-       Arrêtez de vous moquer de moi, je suis sérieux,  dit Snape en fronçant les sourcils.

-        Oui, je sais, c'est l'interrogatoire en règle. Je ne pensais pas venir pour subir ça. Vous m'avez piégée ! vous auriez pu au moins m'avertir.

-        C'est mal de ma part, je l'avoue.

-       Il fallait annoncer clairement : « dans mon bureau, Miss Bramble !  interrogatoire ! » le ton de son professeur était si parfaitement imité, qu'il en resta interdit.

-         Je parle comme ça ?

-         Pire, souvent ! à vous geler sur place.

-         Mais vous n'avez pas peur de moi, si  je ne m'abuse.

Lena fit une petite moue : hum, hum....vous croyez ...

-       Désolé, Lena. Je ne suis pas d'un abord facile, peu de gens me supportent et on me l'a fait souvent remarquer,  vous l'avez pensé souvent vous-même

-         Attention, là c'est vous qui lisez dans mon esprit !

-       Parce que vous gardez le contact et abaissez vos barrières. Je puis vous dire que vous savez parfaitement fermer votre esprit quand vous le voulez.  Une autre de vos qualités d'ailleurs, que vous ignoriez sans doute.

-         Plus ou moins ; on me reprochait (ma fameuse grand-mère entre autre) de "m'enfermer dans ma tour d'ivoire" quand on me contrariait.

-         Excellent ! et très utile.

-         Bon d'accord et qu'ai-je encore de si « talentueux » selon vous ?

-       Votre accord avec la nature, votre don de la danse et de la musique m'avez-vous dit, votre don d'empathie.

-         Vous n'auriez pas un miroir par hasard ?

-         Hein, pardon ? un miroir ? dit Snape interloqué.

-     Oui, pour vérifier que mes oreilles ne sont pas en train de pousser dit-elle en touchant les deux côtés de sa tête, j'ai l'impression que vous êtes en train de me comparer à un elfe.

-         Non, vous n'avez rien d'un elfe... par contre vous avez tout ...d'une fée !

-         Une fée ? mais ça n'existe pas !

-         Qu'en savez-vous ?

-         Mais il n'y en a plus à notre époque, ça date de ....

-         Ah, vous datez la féerie vous ? et quelle époque lui donnez-vous alors ?

-       C'est une invention de la littérature romantique du 19e siècle.

-        Non, pas du tout. On en parle à toutes les époques et partout, comme les sorcières

-         Mais la sorcellerie ça existe vraiment

-         Parce que vous y croyez.

-         Mais je ne peux pas ETRE une fée !

-         Vous avez un bon nombre de leurs qualités.

Lena le regardait, de ses grands yeux mordorés.

-         Pour VOUS, je suis une fée ?

-         Oui, une jolie petite fée dit Severus... sa voix devenait chaude, suave, veloutée... vous ne voulez pas être une petite fée ?

Lena était bouleversée, des larmes commencèrent à noyer ses yeux.

Severus se leva et s'agenouilla devant elle, prit ses mains dans les siennes :

-         Ne pleurez pas,Lena, vous pleurez quand on vous dit des choses gentilles.

-         Ca me  bouleverse, hoqueta-t-elle.

-         Lena, toujours aussi sensible.

Il attrapa un verre sur la petite table et lui tendit

-         Tenez, buvez un peu de vin, ça vous fera du bien.

-         Vous voulez m'enivrer maintenant ? dit-elle d'une petite voix.

-         Qui sait ? son sourire était très ambigu ...

Lena sursauta et du vin se répandit sur sa robe.

-         Ah zut, ma robe ! elle tentait maladroitement d'essuyer le liquide

-         Laissez-moi faire,  il prit sa baguette et lança « tergeo » et la tache disparut. Il aurait été dommage d'abîmer votre si jolie robe et surtout les belles broderies que vous avez faites avec vos petits doigts de fée.

-         Encore !!

-         Cela vous déplait si je vous compare à une fée ?

-         Ce sont des créatures magiques qui n'existent pas, vous le savez !

-        Oui, bien sûr que je le sais. A votre place je serais fière d'être comparée à une fée.

Lena le regarda d'un air dubitatif « mais où voulait-il en venir avec ses histoires de fées - naturellement qu'elle n'en était pas une ! »

-        Je ne comprends rien du tout dans tout cela, vous ne pourriez pas être plus explicite ?

-         Non

-         Severus, dit-elle d'une voix implorante

-         N'essayez pas de « m'enchanter » enfin, si ce n'est déjà fait., ajouta-t-il à voix basse

-        J'ai fait quoi ? Severus, je suis complètement perdue dans tout ce que vous me dîtes, s'il vous plait expliquez-moi.

-        Si seulement je pouvais dit-il, en poussant un soupir.

Le regard de son professeur paraissait tellement mélancolique, les coins de sa bouche s'affaissaient. Lena avança la main et la posa doucement sur sa joue :

-      Pourquoi êtes-vous si triste ?

Pas de réponse mais de nouveau un lourd soupir.

 

Lena caressa doucement son visage, comme si elle voulait effacer les plis d'amertume. Elle chercha son regard comme pour y lire une réponse, il y avait infiniment de douceur et de tendresse dans les prunelles sombres et aussi comme une requête, elle se rapprocha de lui, comme attirée par un aimant, de plus en plus proche, elle noua ses mains derrière la nuque sous la masse des cheveux noirs et attira doucement Severus ; il l'entoura de ses bras et leurs lèvres s'effleurèrent presque timidement, il l'attira plus près contre lui et cette fois ils se retrouvèrent dans un baiser passionné, fusionnel, qui ne voulait pas cesser, unissant leurs deux natures en apparence tellement opposées.

 

Lorsque presque à bout de souffle ils se séparèrent, Lena se blottit contre Severus. Il caressait doucement son visage, ses cheveux, murmurant des mots tendres, toute cette tendresse accumulée qu'il n'avait jamais pu exprimer, Lena l'écoutait, elle, ne le repoussait pas, ne se moquait pas. Il n'avait pas bu une seule goutte de « félicitas » et pourtant il se sentait infiniment heureux. Elle était bien sa petite fée...

 



03/01/2016
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