Les mains les plus blanches

Le matelot était bien malheureux : la fille qu'il aimait était courtisée par plusieurs garçons et il se désespérait car à chaque fois qu'il venait lui rendre visite, il découvrait dans la place soit le coiffeur, soit le boulanger.
La jeune-fille ne trouvait pas désagréable de se laisser courtiser ainsi, car celui lui prouvait qu'elle était jolie et une fille aime toujours se l'entendre dir. La mère, au contraire, commençait à être agaçée par ce manège.
-"Ma fille, il est temps de choisir, tu ne peux pas traîner ainsi tous ces galants derrière toi, ça fait jaser !".
-" Mais je n'arrive pas à faire un choix, ils me plaisent tous les trois", dit la fille désolée.
-"Puisque c'est ainsi, dit la mère, je vais décider moi-même qui tu épouseras".
Un soir que les trois galants se trouvaient ensemble au foyer, la mère leur dit :
-"Puisque ma fille ne sait pas choisir, je la donnerai à celui qui montrera les mains les plus blanches !".
Aussitôt les trois jeunes gens cachèrent leurs mains et demandèrent un délai pour se présenter.
C'est bien de dit le coiffeur, tout le jour je coupe les cheveux, je taille les barbes, je plongerai plus souvent encore mes mains dans l'eau et je mettrai dans mon eau plus de savon, ainsi c'est moi qui aurai les mains les plus blanches.
C'est parfait se dit le boulanger, je vais pétrir toute la journée et mes mains seront très propres, et puis je les frotterai de farine de son le soir et j'aurai les mains les plus blanches.
Seul le matelot était abattu en sortant de la maison. Il savait qu'il pourrait se laver et se relaver, laisser tremper ses mains dans l'eau, jamais il n'arriverait à les rendre toutes blanches car ses mains étaient tannées par le soleil, creusées par le goudron et le calfatage qui y avaient laissé des traces indélébiles. Il voyait bien que la fille ne serait pas pour lui.
Il rentra au bateau le coeur gros, et son patron le voyant lui dit :
-"Ben, mon gars, que t'arrive-t-il ? tu as l'air bien attristé."
Le matelot lui conta son histoire et son désespoir.
-"Oh, allons, console-toi mon garçon, ne t'en fais pas pour ça. Par ma foi si tu aimes cette fille, je sais bien que tu l'auras !"
-"Je voudrais bien vous croire, moi..."
"Attends, écoute -moi matelot...."
Le lendemain, les trois galants, le coeur battant se présentèrent à la maison de la jeune fille.
La mère les filt entrer puis les appela un à un :
- Coiffeur ! montre-moi tes mains !"
Le coiffeur approcha et montra ses belles mains blanches.
-"Oui, elle sont blanches,mais je vois un morceau de cheveu là sous l'ongle".
- " A toi, boulanger !"
Le boulanger tendit ses mains d'une  blancheur immaculée.
-"C'est bien dit la mère, ces mains-là sont très blanches, mais je vois un petit morceau de pâte qui est resté collé à la base de l'ongle. Avant de me décider je veux voir le troisième. A toi matelot !"
Le matelot approcha et tendit les mains. Dans la paune de ses mains, il y avait 5 pièces d'or  que son patron lui avait laissés en cadeau.
-"Ah ! s'exclama la mère, celui-là a gagné, car jamais je n'ai vu de mains plus belles !".
Et c'est ainsi que le matelot épousa celle qu'il aimait !!!


Article ajouté le 2008-12-08 , consulté 33 fois

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